Extraits choisis 2 février 2019 – Rédiger par: Auteur


LA SANS-DENT


« Excusez-moi joli jeune homme !

Vous n’auriez pas un petit sou ?

Je sais pas si vous savez comme

La vie peut êt’dure pour nous. »

Son vieux corps était aussi maigre

Qu’un trognon de pomme rassis,

Elle cocotait le vinaigre,

Elle existait… de-là… de-ci.

Son ombre grêle et grignotée

Semblait être son seul abri,

Pauvre grand-mère cahotée !

Qui a la boue pour seul lambris.

On eut dit une adolescente

Qui aurait attendu cent ans…

Sur le seuil d’une nuit galante,

La venue d’un prince charmant.

Sa prestance aristocratique

Sur son trône noir de crachat,

Ébranla mon cœur erratique…

Qui désespère du rachat.

Cette élégance anachronique

Chez une mendiante surtout,

Prouve combien est ironique,

Ce siècle de fats et de fous.


CONSOLATION


La terre a assez de beautés

Pour rendre la vie désirable,

Et bien assez d’atrocités

Pour que la mort soit agréable.

De même pour l’humanité,

Cette invention géniale et folle,

On pleure l’homme et sa bonté,

Mais sa barbarie nous console.

Si nous naissons tous en criant,

Nous mourrons souvent en silence…

Alors, vieillissez en riant !

Pour équilibrer la balance.

Rire ! voilà le grand secret !

Se moquer avec bienveillance,

De tout ce que le bon Dieu fait,

C’est notre suprême allégeance.